Malade d’amour
2« Oui, comme un lis |parmi des ronces
est mon amie |parmi les filles. »
3« Comme un pommier |parmi les arbres |de la forêt
tel est mon bien-aimé |parmi les jeunes gens,
j’ai grand plaisir |à m’asseoir à son ombre.
Combien son fruit est doux |à mon palais.
4Il m’a conduite |dans la maison du vin[b]
et il a déployé sur moi, |l’étendard[c] de l’amour.
5Restaurez-moi |avec des gâteaux de raisins,
soutenez-moi |avec des pommes,
car je suis malade d’amour.
6Son bras gauche soutient ma tête,
et son bras droit m’enlace.
7O filles de Jérusalem, |oh, je vous en conjure
par les gazelles |ou par les biches |de la campagne :
n’éveillez pas, |non, ne réveillez pas l’amour
avant qu’il ne le veuille[d].
Le voici, il vient
8J’entends mon bien-aimé,
oui, le voici, il vient,
sautant sur les montagnes
et bondissant sur les collines.
9Mon bien-aimé ressemble |à la gazelle
ou à un jeune cerf.
Le voici : il est là, |derrière notre mur,
guettant par les fenêtres
et lançant des regards |à travers les treillis.
10Mon bien-aimé me parle,
et il me dit :
“Lève-toi, mon amie, |viens donc, ma belle,
11car l’hiver est passé
et les pluies ont cessé, |leur saison est finie.
12On voit des fleurs éclore |à travers le pays,
et le temps de chanter |est revenu.
La voix des tourterelles |retentit dans nos champs.
13Sur les figuiers, |les premiers fruits mûrissent[e].
La vigne en fleur |exhale son parfum[f].
Lève-toi, mon amie, |et viens, |oui, viens, ma belle.”
14Ma colombe nichée |aux fentes du rocher,
cachée au plus secret |des parois escarpées,
fais-moi voir ton visage
et entendre ta voix,
car ta voix est bien douce |et ton visage est beau.
15Prenez-nous les renards[g],
oui, les petits renards |qui ravagent nos vignes
quand elles sont en fleur.
16Mon bien-aimé, il est à moi, |et moi, je suis à lui,
il paît parmi les lis[h].
17Et quand viendra la brise
à la tombée du jour,
et quand s’estomperont les ombres,
reviens, ô toi mon bien-aimé,
pareil à la gazelle |ou à un jeune faon
sur les monts escarpés[i].